Design en barre #4

Des inventions pour lutter contre le gaspillage !
Ce mois-ci dans Design en barre, on vous fait découvrir trois innovations qui vous feront changer de regard sur vos épluchures de légumes ou la bière que vous allez boire ce weekend (oui oui on y pense déjà). Et oui, on parle bien du gaspillage alimentaire ! Produire de la nourriture génère de nombreux déchets, de l’étape de production à la consommation. Mais avec un peu de jugeote, de créativité et de technique, de nombreux projets destinés à réduire le gaspillage se concrétisent ! Pour avoir une idée de la diversité  de ce qu’on appelle le « sustainable design », voici trois projets aux finalités matérielles variées : packaging, colorants et luminaire.

Peel saver

🥔Peel saver – Simone Caronni, Paolo Stefano Gentile and Pietro Gaeli – 2018
C’est en réalisant la quantité faramineuse de déchets de pommes de terre que produisent les entreprises de transformation de cet aliment que les trois designers ont tenté de réemployer ce déchet. Leur but était de créer un matériau qui pourrait remplacer les emballages à usage unique en papier plastifié, notamment très utilisés dans le domaine de la street food. Cet emballage est donc intégralement constitué d’épluchures de pommes de terre, un mélange d’amidon et de fibres qui suffit à créer un matériau solide et biodégradable : après macération et séchage des pelures de pommes de terre, la substance qui en résulte est étalée dans un moule circulaire puis mise en forme.

Notre regard
On aime le trait d’humour des trois designers qui, pour leur premier emballage, on fabriqué un cornet à frite. Le contenant contient son contenu ! (on vous laisse 1 min de réflexion… ). Ce clin d’oeil n’est pas anodin puisqu’il interroge le mangeur sur le gaspillage alimentaire à travers l’aliment même qu’il est en train de déguster.
Cependant, on aurait voulu en savoir plus sur les critères techniques du matériau : sa résistance à l’humidité, à la lumière, au temps, etc. On aurait aussi aimé constater une expérience de mise en situation dans le contexte souhaité (la street food) et un retour de la part d’utilisateurs, en partie parce que bien qu’ingénieux, ce packaging à l’aspect original peut ne pas paraître très appétissant. 

👉https://www.behance.net/gallery/69674825/Peel-Saver-ecological-fries-packaging

🍋Kaiku – Nicole Stjernswärd – 2019
Kaiku est un système de transformation de plantes en pigments. Historiquement, les pigments étaient tirés de plantes et de minéraux, mais l’industrialisation a délaissé ces procédés pour des pigments pétrochimiques peu chers. En conséquence, les dommages sur l’environnement (notamment la pollution des eaux) et la santé humaine sont lourds.
Pour participer au changement de ce paradigme, la designer a eu l’ambition de créer un procédé de fabrication de pigments naturels qui utilise les déchets alimentaires comme une ressource (voir la vidéo ici). Dans la phase de production, de transformation et de distribution, de nombreux fruits et légumes sont gaspillés : mauvais calibres, problèmes de conservation, etc. Avec Kaiku, betteraves, grenades, avocats, citrons et oignons et autres aliments peuvent alors être récupérés et transformés en pigments.

Notre regard
On aime que les recherches de Nicole Stjernswärd  mènent à des domaines d’applications concrets qui permettent de se rendre compte des possibilités offertes par ce procédé de fabrication. Elle a en effet travaillé avec des peintres et des designers textiles pour tester l’utilisation des pigments à des fins diverses. Ainsi, elle a réussi à les intégrer à de la tempera à l’oeuf (une technique de peinture), en aquarelle et avec de l’encre, mais aussi dans des matériaux pour les colorer: dans des bioplastiques à base d’agar-agar, du tissu, du papier, du plâtre et du placage de bois.
On trouverait intéressant de rendre ce travail encore plus tangible en le soumettant à des critères économiques et de production industrielle. On aimerait savoir par exemple quelle quantité de pigments peut-on extraire d’un kilo de betterave, et quelle quantité est ensuite nécessaire à la coloration d’un mètre de tissu, et finalement avoir une idée du prix d’un vêtement issu de cette fabrication.

👉https://kaiku.bio/

🍺Senilia lamp – High Society studio
À première vue on ne devinerait pas, mais le corps de cette lampe est fabriqué à partir de déchets issus de brasseries et d’industries de café. Les écorces de café et les déchets de houblon et d’orge sont transformés en poudre, elles-mêmes mélangées à un liant compostable et extrudées sous haute pression par un tuyau. Le matériau est ainsi transformé en une structure tubulaire droite qui est façonnée à la main en une forme irrégulière puis séchée à l’air pendant plusieurs jours afin de lui conférer sa solidité. Les composants électriques peuvent facilement être retirés du corps, afin de permettre le compostage de celui-ci. Les designers ont également cherché des alternatives écologiques aux éléments d’ordinaire utilisés pour contenir les composants électriques. Ainsi, l’ampoule est tenue par une pièce en céramique et l’isolant en plastique a été remplacé par du textile.

Notre regard
Au-delà de l’inventivité de cette création qui valorise des matériaux considérés comme des déchets, on apprécie que l’ensemble de la lampe soit éco-conçue, que chacune ait une forme différente et des couleurs provenant de la variation des pigments de la matière première utilisée.
Cependant, un tel produit peut être source de questionnements. Est-ce que valoriser les concepts de réemploi de déchets et d’éco-conception dans des objets de design d’édition comme celui-ci (donc peu accessibles économiquement) tendrait à rendre ces démarches écologiques peu connues du grand public ? En d’autres termes, est-ce que ce domaine de niche qu’est le design d’édition pourrait être un frein à la démocratisation d’objets éco-responsables ?
On est d’humeur à débattre ! Qu’en pensez-vous ? RDV sur le post instagram pour donner votre avis en commentaire !

👉https://high-society.it/senilia

ZOOM SUR l'éco-anxiété

COMMENT CELA SE MANIFESTE ?

Lire les actualités en matière de réchauffement climatique vous angoisse ? Penser à l’avenir de notre planète vous met-il en colère ? Vous êtes pessimiste concernant le devenir de l’humanité ? Cela vous a-t-il déjà empêché de dormir ou même fait pleurer ?

Les manifestations de l’éco-anxiété peuvent être nombreuses et diverses.

C’EST QUOI AU JUSTE ?

Le terme « éco-anxiété » a été créé en 1955 par un éco-psychologue américain. Il désigne une souffrance prospective qui est déclenchée par une projection vers l’avenir et qui est en lien avec la prise de conscience écologique.

En d’autres termes, être « éco-anxieux » (ou « solastalgique ») c’est se sentir dépassé et angoissé par les grands enjeux liés au dérèglement climatique. Cela relève un peu du stress PRE-traumatique.

Alors combien de personnes souffrent d’éco-anxiété ? Difficile à dire, mais les témoignages semblent bien se multiplier.

ALORS QUE FAIRE ?

Alice Desbiolles, médecin en santé publique interrogée au micro de FranceInter, conseille « d’arrêter de focaliser sur les faits et les constats, car malheureusement la situation est telle qu’elle est. Il faut aussi se déprendre d’une solastalgie trop envahissante et négative : on ne peut pas changer le monde tout seul. » Il vaut mieux apprendre à gérer et à accepter ses émotions pour les transformer en « actions motivantes, constructives et positives » : modifier sa façon de consommer, réduire ses déplacements, s’engager dans une association environnementale, etc.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons les articles suivants :

✨ PEPITES ✨

Bientôt en week-end?  Ne partez pas avant d’avoir découvert notre dernière pépite  ! 🖐

Il s’agit d’une photographe de talent : Stéphanie Pfeiffer, et de sa série spéciale « Gueules de Paysans ». Stéphanie, qui s’est fait connaître avec son blog « Gueules de Parisiens », s’est donné pour mission de tirer le portrait de paysans.

Et le résultat vaut le détour !

📸  C’EST BEAU Les clichés sont magnifiques, et respirent la bonne humeur. On imagine très bien ces moments de complicité partagé. 

📸  C’EST UTILE Chaque portrait raconte une histoire, les histoires des personnes qui produisent notre alimentation avec passion, des histoires trop souvent oubliées ! Et comme elle le dit si bien : «  Dans un monde qui désinforme et qui déshumanise, il est urgent de redonner un visage au monde Paysan. ».

Rencontre avec Stéphanie, qui a accepté de répondre à quelques questions:

Tout d’abord, peux-tu te présenter rapidement ? 

Je m’appelle Stephanie, j’ai 28 ans, j’ai étudié l’entreprenariat en école de commerce où j’ai aussi découvert la photographie et l’écriture, j’ai ensuite monté ma boîte de coaching et d’orientation professionnelle, et en parallèle de ça j’ai lancé le blog « Gueules de parisiens » pour raconter la Ville de Paris à travers ceux qui en foulent les pavés tous les jours. En deux mots, je suis passionnée d’histoires, de rencontres et d’art.

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cette série de portraits de paysans ?

C’est un milieu que je connaissais peu et qui incarne les valeurs françaises, qui font parties de notre identité te de notre fierté. En France on se revendique beaucoup de notre terroir et de notre savoir vivre, et pour autant c’est une popupation qui peut avoir la vie dure il suffit de regarder la une des magazines pour comprendre ce n’est pas facile d’être paysans aujourd’hui, ils ont une image négative et ils sont attaqués de tous les côtés. Donc j’avais envie de comprendre, de leur perspective, ce qu’ils en pensaient et d’aller écouter et transmettre leurs histoires.

Que retiens-tu de ces rencontres ? 

J’ai eu un accueil hyper chaleureux, tout de le monde a été d’une générosité incroyable. Je dis souvent qu’ils m’ont ouvert autant leurs fermes que leurs coeurs. Ce sont des gens passionnés qui se battent pour la noblesse de ce qu’ils font. Et j’ai beaucoup apprécié la diversité des profils, pas tant dans la diversité des activités, mais dans leurs conception de pourquoi ils font ce qu’ils font. Ils ont chacun leurs interprétations, leurs combats ou leurs causes, mais ils l’expriment tous autant de passion.

Pour découvrir tous les portraits : RDV par là !

Merci Stéphanie et à bientôt pour une prochaine pépite !

Pepitement votre, Manon.

Notre sélection de Noël pour manger vers le futur!

Vous aussi vous êtes en « panique mode » comme Kevin pour vos cadeaux de Noel?! 🎁 Pas d’inquiétude pour vous inspirer voici une petite sélection de cadeaux pour sensibiliser votre entourage à une alimentation saine et durable !

« Play food from the futur »

Des jouets pour familiariser les enfants aux aliments durables de demain, qu’ils retrouveront peut être dans leurs assiettes (boulettes aux algues, aliments à base de déchets alimentaires, un haricot magique …). De nouveaux accessoires pour la dinette! Ces jouets sont imprimables en 3D: les fichiers sont en accès libre et gratuits il faut juste trouver l’imprimante … Les concepteurs recommandent aussi de les imprimer à l’acide polylactique (PLA), un type de plastique dérivé de ressources renouvelables (généralement du maïs ou de la canne à sucre). Ce projet a été présenté à l’occasion du « WIN WIN Gothenburg Award », prix de design dont le thème 2019 était l’alimentation durable.

« Plenty more » Un des livres de cuisine du chef Ottolenghi, dont on vous parlait dans une de nos pépites! Pour se lancer dans une cuisine plus végétale et gourmande rien de mieux!

« Calendrier des saisons » Un très beau calendrier des fruits et légumes de saison illustré par 5 dessinatrices de talent pour décorer sa cuisine et guetter l’arrivée chaque mois de ses fruits préférés.

« La Chassagnette », pourquoi ne pas offrir une expérience unique dans ce restaurent en pleine Camargue du Chef Armand Arnal (que nous avons eu la chance de rencontré lors de l’évènement Space Food de Aix-en-Provence). Une cuisine épurée, dans le respect des saisons et des produits issus de son potager (qu’il fait même visiter …).

Si vous avez des idées à partager (secrètement🤐) n’hésitez pas à les mettre en commentaires ou à nous les envoyer on les repartagera!

Revue de presse #40

Take a break. C’est l’heure de la revue de presse.

Collage ©KarenLynch

On prend du recul cette semaine:

  • Avec ce rapport de 50 chercheurs du CIRAD et de la FAO, pour comprendre en un clin d’oeil les menaces interdépendantes, qui pèsent sur nos systèmes alimentaires : AGRIFOOD SYSTEM AT RISK: NEW TRENDS AND CHALLENGES
  • Avec cette série graphique de @Cut de témoignages d’étudiants sur leurs achats alimentaires « How College Students Spend $100 on Groceries »
  • On s’envole pour Aix, pour l’événement de clôture de SPACE CAMP, qui célèbre les 50 ans d’anniversaire des premiers pas de l’homme sur la lune. L’équipe de la chaire ANCA interviendra pour montrer que gastronomie du futur doit rimer avec durabilité >> Retrouvez toutes les infos sur cet événement SPACE FOOD

We need you !

Bonjour la communauté ! Aujourd’hui, on a besoin de votre aide… 🙌

Vous avez entre 18 et 35 ans, vous utilisez instagram et vous voudriez adopter des habitudes alimentaires plus respectueuses de l’environnement mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? 🍴🌎

Ça tombe bien, notre équipe concocte en ce moment même un programme numérique qui vous donnera les clés d’une alimentation durable ! Et pour construire un programme qui vous soit vraiment utile, on a besoin de vous ! 💪

Alors venez créer avec nous votre programme idéal lors d’un atelier de co-création ! Au menu : convivialité et nourriture (cuisinée par nos soins) pour alimenter votre créativité… 🎉😋

📅 Ça se passera le lundi 2 décembre de 18h30 à 20h30 à AgroParisTech (Paris 5e)

📩 Si vous êtes intéressé(e), vous pouvez nous envoyez-nous un mail à cette adresse: oriane.lesaffre@agroparistech.fr

Et n’hésitez pas à partager notre annonce autour de vous ! 😀

DESIGN EN BARRE #1

Design en barre, c’est une série en cinq épisodes qui présente des projets qui questionnent, qui réinventent et qui façonnent nos rapport à l’alimentation…

Dans ce premier épisode, on part à la découverte de trois projets qui interrogent les systèmes de production de notre nourriture.

SLOW TOOLS

Slow Tools est un projet initié en 2011 par un groupe d’agriculteurs, d’ingénieurs et de fabricants américains, qui souhaitaient créer des outils à l’échelle appropriée aux petites exploitations, qui soient légers, abordables et disponibles en open-source pour les agriculteurs. Le groupe de travail est incubé par le Stone Barns Center for Food and Agriculture aux Etats-Unis. L’équipe a identifié 34 outils essentiels à réinventer, et la première machine a avoir été développée est un petit tracteur électrique. Aujourd’hui, la plupart des outils sont encore en cours d’élaboration. Les prototypes réalisés et testés par des agriculteurs poussent le groupe à continuer leur travail pour créer des outils agricoles toujours plus ergonomiques, efficaces et qui promeuvent un lien direct à la terre.

👁 Notre regard

L’émergence de petites exploitations agricoles et fermières bouleverse la façon de travailler des agriculteurs et on peut facilement imaginer la pénibilité du travail avec des machines moins automatisées. Ces outils prônent un retour au contact de la terre, mais cela signifie-t-il pour autant qu’une agriculture à petite échelle doit être plus pénible pour l’agriculteur ? Pour le groupe à l’initiative du projet, il est certain que ce type d’agriculture est difficile et demande un travail intense, mais que cette façon de travailler plus respectueuse de la terre et des hommes est nécessaire aujourd’hui pour notre planète.

JELLYFISH BARGE

Jellyfish Barge est une serre agricole flottante, autonome en énergie et capable de purifier par l’énergie solaire l’eau salée ou polluée. Mise au point en 2014 par le studio de design Studio Mobile et un groupe de biologistes, de chercheurs et d’ingénieurs, cette installation se compose d’une base en bois de 70 m2 qui repose sur des flotteurs en plastique recyclé et supporte une serre de culture en verre. Les plantes poussent en hydroponie, grâce à un système qui permet d’économiser jusqu’à 70 % d’eau par rapport aux systèmes hydroponiques traditionnels. Cette barge a été imaginée pour répondre à la problématique de production alimentaire, puisqu’elle permet de cultiver des plantes dans des milieux à faibles ressources naturelles. Présenté à l’exposition universelle de 2015 à Milan, le projet a récemment reçu le prix des prix à la biennale de design de Saint-Etienne en 2019.

👁 Notre regard

Ce projet prometteur, et dont le prototype a démontré la viabilité de son concept, est aujourd’hui en développement, mais on ne trouve pas d’informations sur la possibilité de mise sur le marché du concept ni sur les coûts de construction. Certaines questions restent également en suspens : quelle quantité de nourriture peut être produite par une barge ? Est-ce que la Jellyfish Barge a été testée sur la durée quelque part ? En tout cas, on espère que son succès permettra au projet de se développer et de faire un jour partie du paysage agricole !

EDIBLE GROWTH

Imaginez pouvoir imprimer quand vous le souhaitez un mini potager, composé d’organismes vivants qui en quelques jours se transforment en champignons et en plantes comestibles. C’est ce que propose la designer Chloé Rutzerveld avec ce projet : Un mélange de graines, de spores et de levures directement imprimé à l’intérieur d’une petite serre comestible qui tient dans la paume de votre main. Au bout de trois à cinq jours, les plantes et les champignons sont complètement développés, prêts à être dégustés. L’intensité du goût et de l’odeur augmente à mesure que cet aliment original se développe, un peu comme un fromage gagne en caractère avec le temps ! Après les tests concluant du prototype en 2014, la designer affirmait que le produit aurait besoin d’être développé encore plusieurs années avant qu’il soit envisageable de le lancer sur le marché. C’est avant tout un projet de recherche, qui nourrit les études de chercheurs, d’ingénieurs et de designers sur la possibilité d’utiliser l’impression 3D comme système de production alimentaire.

👁 Notre regard

Bien que le projet mette en avant l’aspect nutritionnel et sain, on regrette l’absence d’analyse nutritionnelle du contenu d’une impression 3D, et le manque de détails sur les espèces de champignons et de plantes cultivées.

Un des aspects intéressant de ce produit est la dimension ludique : le consommateur devient un agriculteur, il crée sa propre nourriture, peut décider de l’intensité de son goût, et il la voit pousser jour après jour. Mais la proportion entre la quantité de matière première nécessaire et la quantité de nourriture finale est-elle rentable ? Quel serait la place d’une telle technologie au sein de notre quotidien ? Il faudra encore quelques années avant que de telles technologies se fassent une place dans nos habitudes alimentaires. 

Revue de presse #36

Pendant que vous peaufiniez votre tenue de lumière pour halloween, on vous a préparé une nouvelle revue de presse !

© série « History & Chips » édition Heliotrope pour Brest Brest Brest