Revue de presse #47

C’est lundi, c’est la revue de presse qui cette semaine fait un focus sur :

* le manger local, une solution pour une alimentation durable :

> à lire l’article de Our World in data > à écouter l’émission de france inter « la terre au carré » avec Nicolas Bricas

* #byebyeavocado la fin des avocado toast sur la carte de certains restaurants

* Les appli telles que YUKA symbolisent la prise de pouvoirs des consommateurs?

[PODCAST] La question du genre dans l’alimentation est-elle toujours d’actualité en 2020?

La question du genre dans l’alimentation est-elle toujours d’actualité en 2020? A quel moment la gastronomie est-elle majoritairement devenue une affaire de chefs hommes ? Pourquoi les femmes se sentent-elles plus concernées par l’alimentation et la durabilité ? 2050, un monde idéal où hommes et femmes seraient sur un pied d’égalité avec l’alimentation?

Nora Bouazzouni, journaliste et auteure de « Faiminisme – quand le sexisme passe à table » a répondu à quelques unes de nos questions sur la place du genre dans notre alimentation:

Revue de presse #46

Nouvelle année, nouveau design pour notre rubrique #revuedepresse !

©Graphisme Oriane Lesaffre

Cette semaine on vous parle agriculture:

Bonne semaine à tous !

Hors-d’oeuvre #2

Martin Parr : Postcards from America, State Fair (2013) – Milwaukee, Wisconsin.

Hors d’œuvre c’est notre rubrique qui analyse comment l’art représente les pratiques alimentaires à travers le temps et les cultures. Chaque mois mois on décortique une oeuvre dont le sujet fait écho à un enjeu de l’alimentation durable ou à nos pratiques alimentaires contemporaines.

Ce mois-ci, l’oeuvre à l’honneur est cette photographie de Martin Parr : Postcards from America, State Fair (2013) – Milwaukee, Wisconsin.

Description
Une personne qui tient dans une main trois gobelets empilés, dont celui du dessus contient un liquide de couleur jaune-brune. Il pourrait s’agir de bière ou de soda. Dans l’autre main la personne tient un contenant en carton dans lequel se trouve des boulettes frites qui pourraient s’apparenter à de la pomme de terre, et deux pots de sauce.
En arrière plan on aperçoit les pieds d’autres personnes et le sol bitumé. Cette scène laisse à penser qu’on se trouve dans un endroit public, que la personne en gros plan vient d’acheter cette nourriture et qu’elle va aller la déguster un peu plus loin, et pourquoi pas la partager (on espère, vu les deux sauces et toutes les serviettes !).

👁Décryptage
1. JUNKFOOD
On commence avec le sujet principal : la nourriture. Pas besoin d’un long discours pour comprendre que le combo junk food et boisson sucrée/alcool ne colle pas avec l’idée que l’on se fait d’un déjeuner équilibré. C’est aussi l’image de l’identité alimentaire que l’on a des Etats-Unis. Si on devait citer un plat américain, on penserait certainement aux hot-dogs, pizzas, bagels et autres burgers. Et c’est malheureusement un reflet des habitudes de consommation : d’après un rapport du Center for Disease Control and Prevention (CDC), entre 2013 et 2016, soit au moment de la prise de cette photo, plus d’un américain adulte sur trois a consommé un produit de fast-food par jour. La France n’est pas en reste car on constate que le chiffre d’affaire de la restauration rapide ne cesse d’augmenter. Par cette photo et toutes celles rassemblées dans l’ouvrage « Des goûts », Martin Parr nous montre sans filtre une réalité dénuée de jugement, celle de la place grandissante de la nourriture trop grasse, trop salée, trop sucrée et industrielle dans nos sociétés occidentales. Ce qui est le plus frappant, c’est d’observer à quel point les habitudes alimentaires peuvent être très contrastées au sein d’une même culture. Car face à la junk-food, c’est la vague de la « healthyfood » qui déferle depuis plusieurs années aux Etats-Unis comme en France et qui a pris une telle ampleur sur les réseaux sociaux qu’on culpabiliserait presque de manger un bon sandwich falafel de temps en temps.

2. DÉCHETS PLASTIQUES
Zoomons ensuite sur les trois gobelets empilés dans la main de l’homme sur la photo, pour parler de la consommation de plastique. L’essor de la restauration rapide a entraîné une production et une consommation croissante de la vaisselle à usage unique, au détriment de l’environnement. En France, il s’avère qu’on recycle en moyenne seulement 26% de nos déchets plastiques (dernier chiffre en date de 2016, rapport de Plastics Europe). Beaucoup se retrouvent dans les mers et les océans et nuisent aux écosystèmes marins, d’autres sont enfouis et nuisent à la santé des sols, et d’autres encore sont incinérés, créant ainsi de la pollution de l’air. Depuis le 1er janvier, quelques objets en plastique jetable sont désormais interdits à la vente dans notre pays (gobelets, assiettes, cotons-tiges). Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi anti-gaspillage dont l’objectif est le zéro emballage plastique à l’horizon 2040. Depuis l’annonce, cet objectif est très débattu et beaucoup s’accordent à dire que cet horizon est trop éloigné au vu de l’urgence concernant le changement climatique. 

3. MISE EN SCÈNE VS RÉALITÉ
Enfin, observons l’esthétique de la nourriture que propose le style de Martin Parr. Aujourd’hui, à l’ère d’Instagram, la nourriture est devenu un objet sacralisé qui doit être beau, attirant, toujours mis en scène. Or, avec ses photos frontales prises au flash dans l’instant,  Martin Parr est à l’opposé de cet esthétisme. Il photographie le vrai, la réalité de la nourriture populaire, et ça fait du bien.
Cette réalité va complètement à l’encontre de l’image de nourriture que les marques nous vendent. Entre les publicités qui maquillent les aliments pour les rendre toujours plus appétissants, ou encore les photos sur les emballages de plats préparés qui ne correspondent pas à la réalité une fois le couvercle ouvert (on connaît tous ce terrible moment de déception), on vit dans une société qui ne laisse aucune place au désordre et qui impose des standards de beauté jusque dans nos assiettes. Alors merci à la sauce qui coule sur cette photo, qui suggère l’imperfection et démontre l’absurdité du culte de l’image parfaite.

✨ PEPITES ✨

Bientôt en week-end?  Ne partez pas avant d’avoir découvert notre dernière pépite  ! 🖐

Il s’agit d’une photographe de talent : Stéphanie Pfeiffer, et de sa série spéciale « Gueules de Paysans ». Stéphanie, qui s’est fait connaître avec son blog « Gueules de Parisiens », s’est donné pour mission de tirer le portrait de paysans.

Et le résultat vaut le détour !

📸  C’EST BEAU Les clichés sont magnifiques, et respirent la bonne humeur. On imagine très bien ces moments de complicité partagé. 

📸  C’EST UTILE Chaque portrait raconte une histoire, les histoires des personnes qui produisent notre alimentation avec passion, des histoires trop souvent oubliées ! Et comme elle le dit si bien : «  Dans un monde qui désinforme et qui déshumanise, il est urgent de redonner un visage au monde Paysan. ».

Rencontre avec Stéphanie, qui a accepté de répondre à quelques questions:

Tout d’abord, peux-tu te présenter rapidement ? 

Je m’appelle Stephanie, j’ai 28 ans, j’ai étudié l’entreprenariat en école de commerce où j’ai aussi découvert la photographie et l’écriture, j’ai ensuite monté ma boîte de coaching et d’orientation professionnelle, et en parallèle de ça j’ai lancé le blog « Gueules de parisiens » pour raconter la Ville de Paris à travers ceux qui en foulent les pavés tous les jours. En deux mots, je suis passionnée d’histoires, de rencontres et d’art.

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cette série de portraits de paysans ?

C’est un milieu que je connaissais peu et qui incarne les valeurs françaises, qui font parties de notre identité te de notre fierté. En France on se revendique beaucoup de notre terroir et de notre savoir vivre, et pour autant c’est une popupation qui peut avoir la vie dure il suffit de regarder la une des magazines pour comprendre ce n’est pas facile d’être paysans aujourd’hui, ils ont une image négative et ils sont attaqués de tous les côtés. Donc j’avais envie de comprendre, de leur perspective, ce qu’ils en pensaient et d’aller écouter et transmettre leurs histoires.

Que retiens-tu de ces rencontres ? 

J’ai eu un accueil hyper chaleureux, tout de le monde a été d’une générosité incroyable. Je dis souvent qu’ils m’ont ouvert autant leurs fermes que leurs coeurs. Ce sont des gens passionnés qui se battent pour la noblesse de ce qu’ils font. Et j’ai beaucoup apprécié la diversité des profils, pas tant dans la diversité des activités, mais dans leurs conception de pourquoi ils font ce qu’ils font. Ils ont chacun leurs interprétations, leurs combats ou leurs causes, mais ils l’expriment tous autant de passion.

Pour découvrir tous les portraits : RDV par là !

Merci Stéphanie et à bientôt pour une prochaine pépite !

Pepitement votre, Manon.

Design en barre #3

Manger. Manger est une nécessité mais aussi un plaisir. On mange d’ailleurs parfois plus par gourmandise que parce qu’on a vraiment faim, et pour beaucoup d’entre nous savoir dire stop et écouter son corps est chose difficile.
Manger est aussi culturel. On ne prend pas nos repas de la même façon dans tous les pays du monde, les bonnes manières à table diffèrent selon les cultures ainsi que les couverts utilisés pour manger. Dans ce troisième Design en barre, on décortique deux projets qui réinventent l’acte de manger.

Volumes – Marije Vogelzang

Il n’est pas rare de manger plus que nécessaire, de se servir des portions trop importantes par rapport à notre appétit. De plus, il peut être difficile d’écouter sa faim plutôt que son plaisir. Pour déjouer cette habitude d’excès alimentaire, la designer Marije Vogelzang propose une série d’objets non comestibles à placer dans son assiette, visant à influencer le comportement au moment du repas. Le cerveau se sert de notre vision pour analyser la quantité de nourriture ingérée. Placer un de ces objets aux côtés de la nourriture permet donc de créer une assiette visuellement pleine. Cette impression trompe alors votre cerveau qui croit manger la même quantité que d’habitude alors qu’en réalité vous mangez moins.

Outre cette fonction, introduire un objet comme celui-ci dans sa nourriture induit de composer son assiette avec. Où va-t-on le placer, comment allons nous tourner autour avec notre fourchette pour attraper les aliments : cet intrus focalise l’attention sur l’acte même de manger et nous ramène au moment présent du repas pour une meilleure conscience de ce que l’on ingère et de la sensation de satiété.

La force de ce projet est de rendre tangible le concept d’excès : la forme symbolise la part « en trop ». La simplicité de son usage et son aspect ludique en font également un objet accessible dont on peut se servir facilement au gré de ses besoins.

Deux choses nous interpellent tout de même. La première est d’ordre purement esthétique. Ces formes très organiques et vaguement anatomiques pour certaines ne sont pas très « appétissantes » et pourraient ne pas donner envie de les incorporer à sa nourriture. Evidemment, tout est une question de goût, notre avis est subjectif.
On s’interroge également sur le réel impact que peuvent avoir ces objets. Jouer sur la perception des volumes dans l’assiette pour influencer les comportements alimentaires est pertinent, c’est un sujet étudié par de nombreux experts dans le domaine des neurosciences, de la pychologie ou du marketing, tel que : Jeff Brunstrom (Professor of Experimental Psychology, University of Bristol), Eric Robinson (Dr Psychological Sciences, University of Liverpool ou Pierre Chandon, directeur du Centre multidisciplinaire des sciences comportementales Sorbonne Universités-INSEAD. Mais ça ne fait pas de cette proposition une solution miracle. Il est donc important de voir ce projet pour ce qu’il est : un projet intéressant sur un sujet qui questionne, mais dont l’apport reste plus artistique que scientifique. Son intérêt est avant tout de traiter le sujet de la perception des volumes dans l’assiette à travers un regard créatif.


Goûte – Michel/Fabian

Qui n’a jamais léché son doigt après avoir raclé le saladier de mousse au chocolat ? Lécher ses doigts couverts de chocolat, de confiture ou de sauce en tout genre est un acte qui renvoie à l’enfance, un instant de malice et de plaisir qui, on sera tous d’accord, rend tout aliment bien meilleur que si il avait été mangé avec une cuillère.

C’est cette émotion procurée par le plaisir un peu coupable de porter à sa bouche de la nourriture avec les doigts qu’ont voulu recréer le designer Andreas Fabian et le chef Charles Michel à travers cet objet. Dans sa fonction, il pourrait s’apparenter à une cuillère puisqu’il sert à manger des aliments plus ou moins liquides ou crémeux. Néanmoins, dans l’expérience sensorielle, c’est bien ce plaisir enfantin que l’objet évoque. Allez-y, personne ne vous tapera sur les doigts si vous vous servez de cet ustensile pour finir le pot de pâte à tartiner. 

Derrière la fonction et l’esthétique de cet objet, on y voit un questionnement sur le rôle culturel des couverts et de la vaisselle en général. En effet, dans bon nombre de cultures, manger avec les mains est impoli, c’est culturellement non accepté. Pourtant c’est ce que l’on fait instinctivement, il n’y a que regarder les bébés qui portent machinalement la nourriture à leur bouche. Les couverts instaurent une distance entre notre corps et ce que nous mangeons, ils empêchent le sens du toucher d’entrer en compte lors des repas. Ils sont devenus des extensions de nos mains que l’on apprend à manier et à différencier dès le plus jeune âge. Pourtant quand on y pense, certains aliments comme la glace ou le burger nous donnent du plaisir à les manger notamment pour la proximité physique, pour l’absence d’intermédiaire entre la nourriture et notre corps ! Finalement, « Goûte » est autant un ustensile qu’une fourchette ou une cuillère, mais il propose une nouvelle façon de manger qui rend acceptable l’évocation du plaisir de manger avec les mains.

Pour en savoir plus : http://michelfabian.com/goute

Revue de presse #44

Hello!! Tous nos vœux pour cette nouvelle année 2020!! On espère que vous avez bien profité des fêtes ;)!

Pour 2020 nous souhaitons plus que jamais continuer à sensibiliser les citoyens aux enjeux d’une alimentation saine et durable, et expérimenter de nouveaux outils de communication pour amener à la réflexion et à l’action sans culpabilisation. L’actualité nous montre que ce sujet reste crucial et important! Nous espérons que cette année marquera la naissance de notre nouveau programme de sensibilisation alliant innovation pédagogique et crédibilité scientifique! Restez donc connectés pour voir la suite et continuons à dialoguer sur ces sujets passionnants!

Et en ce lundi, c’est le retour de la revue de presse !!!

Cette semaine on a vu, lu pour vous :