DESIGN EN BARRE #1

Design en barre, c’est une série en cinq épisodes qui présente des projets qui questionnent, qui réinventent et qui façonnent nos rapport à l’alimentation…

Dans ce premier épisode, on part à la découverte de trois projets qui interrogent les systèmes de production de notre nourriture.

SLOW TOOLS

Slow Tools est un projet initié en 2011 par un groupe d’agriculteurs, d’ingénieurs et de fabricants américains, qui souhaitaient créer des outils à l’échelle appropriée aux petites exploitations, qui soient légers, abordables et disponibles en open-source pour les agriculteurs. Le groupe de travail est incubé par le Stone Barns Center for Food and Agriculture aux Etats-Unis. L’équipe a identifié 34 outils essentiels à réinventer, et la première machine a avoir été développée est un petit tracteur électrique. Aujourd’hui, la plupart des outils sont encore en cours d’élaboration. Les prototypes réalisés et testés par des agriculteurs poussent le groupe à continuer leur travail pour créer des outils agricoles toujours plus ergonomiques, efficaces et qui promeuvent un lien direct à la terre.

👁 Notre regard

L’émergence de petites exploitations agricoles et fermières bouleverse la façon de travailler des agriculteurs et on peut facilement imaginer la pénibilité du travail avec des machines moins automatisées. Ces outils prônent un retour au contact de la terre, mais cela signifie-t-il pour autant qu’une agriculture à petite échelle doit être plus pénible pour l’agriculteur ? Pour le groupe à l’initiative du projet, il est certain que ce type d’agriculture est difficile et demande un travail intense, mais que cette façon de travailler plus respectueuse de la terre et des hommes est nécessaire aujourd’hui pour notre planète.

JELLYFISH BARGE

Jellyfish Barge est une serre agricole flottante, autonome en énergie et capable de purifier par l’énergie solaire l’eau salée ou polluée. Mise au point en 2014 par le studio de design Studio Mobile et un groupe de biologistes, de chercheurs et d’ingénieurs, cette installation se compose d’une base en bois de 70 m2 qui repose sur des flotteurs en plastique recyclé et supporte une serre de culture en verre. Les plantes poussent en hydroponie, grâce à un système qui permet d’économiser jusqu’à 70 % d’eau par rapport aux systèmes hydroponiques traditionnels. Cette barge a été imaginée pour répondre à la problématique de production alimentaire, puisqu’elle permet de cultiver des plantes dans des milieux à faibles ressources naturelles. Présenté à l’exposition universelle de 2015 à Milan, le projet a récemment reçu le prix des prix à la biennale de design de Saint-Etienne en 2019.

👁 Notre regard

Ce projet prometteur, et dont le prototype a démontré la viabilité de son concept, est aujourd’hui en développement, mais on ne trouve pas d’informations sur la possibilité de mise sur le marché du concept ni sur les coûts de construction. Certaines questions restent également en suspens : quelle quantité de nourriture peut être produite par une barge ? Est-ce que la Jellyfish Barge a été testée sur la durée quelque part ? En tout cas, on espère que son succès permettra au projet de se développer et de faire un jour partie du paysage agricole !

EDIBLE GROWTH

Imaginez pouvoir imprimer quand vous le souhaitez un mini potager, composé d’organismes vivants qui en quelques jours se transforment en champignons et en plantes comestibles. C’est ce que propose la designer Chloé Rutzerveld avec ce projet : Un mélange de graines, de spores et de levures directement imprimé à l’intérieur d’une petite serre comestible qui tient dans la paume de votre main. Au bout de trois à cinq jours, les plantes et les champignons sont complètement développés, prêts à être dégustés. L’intensité du goût et de l’odeur augmente à mesure que cet aliment original se développe, un peu comme un fromage gagne en caractère avec le temps ! Après les tests concluant du prototype en 2014, la designer affirmait que le produit aurait besoin d’être développé encore plusieurs années avant qu’il soit envisageable de le lancer sur le marché. C’est avant tout un projet de recherche, qui nourrit les études de chercheurs, d’ingénieurs et de designers sur la possibilité d’utiliser l’impression 3D comme système de production alimentaire.

👁 Notre regard

Bien que le projet mette en avant l’aspect nutritionnel et sain, on regrette l’absence d’analyse nutritionnelle du contenu d’une impression 3D, et le manque de détails sur les espèces de champignons et de plantes cultivées.

Un des aspects intéressant de ce produit est la dimension ludique : le consommateur devient un agriculteur, il crée sa propre nourriture, peut décider de l’intensité de son goût, et il la voit pousser jour après jour. Mais la proportion entre la quantité de matière première nécessaire et la quantité de nourriture finale est-elle rentable ? Quel serait la place d’une telle technologie au sein de notre quotidien ? Il faudra encore quelques années avant que de telles technologies se fassent une place dans nos habitudes alimentaires. 

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